Si ce matin, j'ai du retard dans la parution de mon article, c'est la faute de Mitou ou –soyons positive - grâce à elle. Mais que vient faire Mitou là-dedans me direz-vous.

 

 Il y a quelques jours, je lisais sur son blog qu'elle avait été voir le film de Nils Tavernier l'incroyable histoire du Facteur Cheval, avec Jacques Gamblin, Laetitia Casta et Bernard Lecoq.

 

Au printemps 2017, nous avions visité à nouveau le Palais Idéal du Facteur Cheval à Hauterives, dans la Drôme.

 

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À ce moment-là, nous avons vu qu’un film était en train de d'être réalisé et nous nous étions juré d'aller le voir. Mes neurones ont tendance à être moins efficaces ces derniers temps et j'avais complètement oublié de guetter la date de sortie du film.

 

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  (échafaudage qui a servi au tournage du film)

 

 

 Il faut dire que nous ne sommes pas retournés au cinéma depuis belle lurette, en tout cas depuis mes problèmes de surdité. Je ne pourrais même pas vous dire quel est le dernier film vu.

Hier soir, nous nous sommes rendus dans un cinéma tout proche, non pas dans l'un de la grande ville mais dans un de ces cinémas associatifs qui ont le mérite d’exister dans les campagnes. Pas de problèmes d’accès, de stationnement et de surcroît moins chers que les cinémas de la grande ville.

Et cerise sur le gâteau : nous avons eu droit à un tarif senior. C'est la première fois que ce tarif nous est appliqué et cela fait tout drôle dans la tête mais pas dans le porte-monnaie !

 

Bon, revenons à nos moutons ….

La vraie histoire du facteur Cheval, telle que nous avons pu la lire dans le musée construit à côté du palais.

 

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Cheval dans le film  

 

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Portrait officiel photographié dans le musée

 

Joseph Ferdinand Cheval est issu d'une famille paysanne assez pauvre. Son époque, le XIXème siècle, est marquée par la misère, la famine et la maladie. C'est aussi l'époque des grandes révolutions politiques, scientifiques, culturelles et des expositions universelles.

 

Ces découvertes foisonnantes sont racontées et illustrées dans les gazettes de l'époque livrées par les facteurs, auxquelles viennent s'ajouter les premières cartes postales. Ces supports d'informations vont nourrir de façon extraordinaire l'imaginaire du Facteur Cheval.

 

En avril 1879, Ferdinand Cheval trébuche sur une pierre lors de sa tournée. Intrigué par la forme bizarre de cette roche érodée, il l'emporte. Son imagination est stimulée par sa trouvaille. 

 

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la pierre d'achoppement intégrée dans la construction

 

Il se met vite à collecter de belles pierres de molasse, sculptées par le temps et les eaux. Sur un terrain potager acheté quelques mois plus tôt, il commence par creuser un bassin pour réaliser la source de vie.

 

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Ce dessin unique (96,8 cm x 32 cm) date probablement du début de 1880 ; il est composé de 6 feuillets. On y voit le cheminement et l'importance de l'eau que le facteur Cheval imagine faire circuler dans son monument.(exposé au mmusée)

 

 

Avait-il imaginé que sa construction durerait 33 ans ?

Chaque jour après sa tournée, il revient sur ses pas, accompagné de sa fidèle brouette, pour ramasser les pierres mise de côté durant ses nombreuses tournées (33 km par jour).

 

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sa fidèle brouette

 

Il consacre tout son temps libre, de jour comme de nuit, à son palais. Au village, il est considéré comme « un pauvre fou qui remplit son jardin de pierres ».

Petit à petit, il va acquérir les parcelles voisines afin de donner vie à son rêve. Il est construit également sa maison, La Villa Alicius du nom de sa fille unique.

 

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Les matériaux locaux sont le tuf, le silex, le porphyre, le quartz noir, le calcaire, le mâchefer, le sable des Balmes pour son mortier.

Il fabrique lui-même les moellons qui constitueront les bases du monument. Ingénieux, il consolide certaines sculptures comme les palmiers, avec des armatures métalliques. Faute de traitement contre l'attaque de la rouille, ces armatures ont fragilisé le monument.

 

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Sa volonté d'être inhumé dans son palais lui a été refusée du fait de la loi de 1843.

A la mort du Facteur Cheval en 1924, ses deux petites filles Alice et Eugénie, filles de Cyril issu d’un premier mariage, héritent du palais et le mettent en gérance. Toutefois l'entretien du monument s’avère de plus en plus difficile au fil des années. Alice qui n'a pas de descendants décide de léguer sa part à la ville de Hauterives en 1984. Eugénie vend sa part à la commune en 1994.

 (texte composé à la voix d'après les panneaux du musée)

 

 

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Que dire du film ?

 Les images sont incroyablement belles, donnant de la Drôme une image paradisiaque surtout au moment du coucher du soleil. De belles prises de vues également en intérieur à la lueur des bougies.

 

Laetitia Casta incarnant Philomène et épine dorsale du film joue à merveille la femme entièrement dévouée à l’œuvre de son mari.

 

Leur fille, incarnée par Zélie Rixhon, toute mignonne, a un jeu juste face à ce père taiseux duquel elle est la seule à obtenir qu’il exprime un tant soit peu ses sentiments.

Dans le film, Cheval va consacrer sa vie à construire un palais pour sa fille alors que dans la vraie histoire, rien ne nous dit que ce palais lui soit destiné.

La biographie insiste par contre beaucoup sur la relation qu’entretenait Cheval avec sa fidèle compagne, sa brouette,que je vous ai montrée plus haut.

 

C’est là qu’intervient la liberté du cinéaste, par rapport à une œuvre biographique.

Personnellement quand il s'agit d'une histoire vraie, je préfère qu'elle soit jouée au plus juste.

 

Je serai plus critique par rapport au jeu de Jacques Gamblin, à qui il manque ce grain de fantaisie qu’on imagine aisément faire partie de la personnalité d’un personnage qui construit un palais extravagant. Dans le film, Cheval est raide, introverti, taiseux et à la limite, par son attitude fermée, il met le spectateur mal à l’aise.

 

L'article d'aujourd'hui est un peu long mais rassurez-vous, je ne suis pas une grande adepte du cinéma, et donc la présentation du prochain film sur la lorgnette risque de prendre des années !

Sauf si je change d'avis ….

 

Je vous souhaite une belle journée. Notre département est placé en vigilance orange pour le vent et dès à présent, on entend les volets claquer et les nuages dans le ciel filent au galop.

On va donc rester à l’abri !

 

Je vous donne rendez-vous à demain pour un article plus court.

 

Bisous

 Lavandine