Aujourd'hui, je vous parle d'un temps 
Que les moins de vingt ans 
Ne peuvent pas connaître.

En fait, ce serait plus juste de dire : ceux nés après le 31/12/78 ...

 

Je pense que vous qui lisez mes articles, vous savez tous qui est ce Père Cent

Le paragraphe I est destiné à ceux qui aiment bien les rappels historiques.

Sinon, reportez-vous immédiatement au paragraphe II.

 

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I. Savez-vous que c’est la loi Jourdan-Delbrel, adoptée le 5 septembre 1798, qui  institue « la  conscription universelle et obligatoire » pour tous les hommes français âgés de 20 à 25 ans, c'est-à-dire le service militaire obligatoire.

Mais de 1798 à 1905, selon la période, le service national prend des aspects différents tout en restant obligatoire.

Le recrutement peut se faire par engagement, tirage au sort, remplacement ( les familles riches paient quelqu'un pour les remplacer), exemptions et il peut durer jusqu’à 6 ans.

La loi Cissey refuse aux miliaires le droit de vote d’où la métaphore La grande muette.

En 1889, la loi Freycinet est la loi des "curés sac au dos" puisqu‘elle supprime les dispenses aux enseignants, aux membres du clergé et aux élèves des grandes écoles.

Le service militaire moderne a été créé en 1905 par la loi Berteaux dans un contexte d’après-guerre que l’on connaît. Tous les hommes sont appelés sous les drapeaux durant 2 ans. Il n’y aura plus de tirage au sort, ni d’exemptions ni de remplacements.

Le 22 février 1996 : le président Chirac annonce la professionnalisation de l’armée. S’en suit un grand débat national.

Le 28 mai 1996, Jacques Chirac propose « que le service national que nous connaissons aujourd’hui soit supprimé dès le 1erjanvier 1997  c’est-à-dire pour tous les jeunes nés après le 31/12/78

La loi est promulguée le 28/10/97 et la suspension devient effective en 2001. Par la même loi une « Journée d’appel de préparation à la défense » est mise en place, remplacée par «la journée de défense et citoyenneté » Ces journées concernent aussi les filles.

 

Après ce petit rappel historique, revenons à nos moutons.

 

II. Qu’appelle-t-on le « Père Cent » ?

 

L'enterrement du « Père Cent » se fêtait 100 jours avant la libération. Traditionnellement les libérables envoyaient des lettres et tracts à leur famille et amis.

J’ai récupéré ceux de mon cousin depuis longtemps déjà, un jour qu’on en discutait à une fête de famille.

Les photos ne sont pas très bonnes et malheureusement mon cousin est décédé.

 

 

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Cette dernière est tirée d'internet sur le site : http://combattantsafn.free.fr/page119.htm

 

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Une autre tradition, c’était de décorer une quille en bois (si vous voulez savoir d'où vient l'expression "la quille" c'est tout en bas de l'article) qui permettait de décompter le nombre de jours restants.

 

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Je vous rassure, je n'ai pas fait de quille et je suis sûre que notre jeunesse actuelle utiliserait plutôt l'outil numérique pour décompter les jours restants.

 

Pour ceux qui ont tout lu, interrogation orale demain ...

Pour tous, rendez-vous ici à l'heure habituelle pour un autre sujet et je vous rassure : bien plus court et plus visuel.

J'embrasse tout le monde !

Portez-vous bien !

 

LAVANDINE 

 

Mais d’où vient cette expression que nous utilisons encore. J’ai cherché la réponse là :  http://www.expressio.fr/expressions/la-quille.php

 

Origine

Maintenant que le service militaire obligatoire n'existe plus, les jeunes Français ne peuvent plus connaître la joie des travaux de nettoyage des toilettes, de balayage des couloirs ou de peinture des bordures de trottoirs.
Ils ne peuvent pas non plus goûter aux activités viriles comme le parcours du combattant ou la course sur vingt kilomètres en treillis et rangers en portant un sac à dos plein de pierres.
Enfin, ils ne peuvent plus apprécier les manifestations de franche et juvénile camaraderie comme le lit en portefeuille ou le seau d'eau pris en pleine poire pendant le sommeil, par exemple.
Du coup, il ne savent pas non plus ce qu'est le plaisir de décompter laborieusement les jours qui restent avant la fin du service, cette fameuse 'quille' que tout appelé normalement constitué fête avec un immense bonheur.

Mais pourquoi appelle-t-on 'quille' ce retour tant attendu à la vie civile ?
Eh bien, au risque d'en décevoir quelques-uns, je dois avouer qu'on ne le sait pas.
On dispose bien de quelques hypothèses, émises par d'éminents lexicographes ou d'anonymes individus, dont certaines un peu loufoques, mais il n'y a aucune certitude.
Je vais donc vous proposer deux explications parmi les plus plausibles.

Autrefois, lorsqu'on était prisonnier (parce que pour ces gens-là aussi, la libération c'est la quille) ou bidasse, le décompte des jours restant se faisait à l'aide de bâtons tracés sur des support divers.
Il est alors aisé d'imaginer comparer ces bâtons, droits comme des I et placés côte à côte, à des quilles qui sont éliminées une par une, jusqu'à ce que la dernière, LA quille subisse enfin le même sort.
Voilà pour la première hypothèse.

À l'époque où cette locution est apparue, en 1936, il était courant pour la hiérarchie militaire, paraît-il, de tenter de limiter les ardeurs sexuelles des jeunes et bouillants appelés en mêlant à leur alimentation du bromure de potassium, produit anaphrodisiaque par excellence.
La fin du service militaire était donc, pour les militaires libérés, la promesse du retour d'une véritable et belle érection, une grosse 'quille', pour les plus modestes[1].
L'expression 'la quille bordel !', maintes fois proférée, pourrait d'ailleurs être une confirmation de cette hypothèse, cette virilité retrouvée permettant effectivement d'aller fréquenter avec efficacité un tel lieu de débauche.

On peut encore ajouter trois pistes parmi les moins capillotractées :

Vers 1900, le verbe 'quiller' signifiait 'abandonner', 'quitter' ou 'partir'. 'Quille' pourrait donc être un subtantif tiré de ce verbe pour désigner le départ.

Il pourrait aussi y avoir un lien avec l'argotique 'quille' qui désigne aussi une bouteille ("une quille de roteux"), le genre de récipient que le libéré va enfin s'empresser de vider avec joie une fois son paquetage rendu.

Enfin, au milieu du XIXe siècle, "jouer des quilles" c'était "s'enfuir", les 'quilles' désignant les jambes. Alors y aurait-il un lien avec ces quilles que l'appelé s'empresse d'utiliser pour fuir son lieu de casernement ?

[1] Et même si l'usage du bromure n'est qu'une légende -il paraît qu'une intense activité physique, comme celle qu'on pouvait pratiquer au début de son service militaire, suffit à provoquer une baisse importante des besoins sexuels- le manque de ce type d'activité en milieu militaire et l'idée de pouvoir pratiquer librement à la libération pouvait suffire à associer cette dernière à une 'quille' pouvant s'exprimer pleinement.